Encore, encore un peu de presse ?

Quimper.

« Il était temps ! » : la joie des comédiens de retour sur scène

La Ville de Quimper (Finistère) a proposé aux troupes de théâtre professionnelles d’utiliser le théâtre Max Jacob, en attendant de pouvoir reprendre leurs représentations. L’initiative a eu un franc succès !

La compagnie N’Ouzon Ket, de Crozon, en résidence au théâtre Max-Jacob, ouvert par la Ville de Quimper (Finistère) aux compagnies ayant besoin de travailler, malgré le confinement. | OUEST FRANCE

Flora CHAUVEAU. Publié le 26/11/2020 à 16h00

Voir des comédiens de théâtre sur scène, répéter, se maquiller, discuter, rire… Ça a quelque chose d’irréel. Surtout dans le cadre magique du théâtre Max-Jacob, vieux théâtre à l’italienne poussiéreux et comme rempli d’histoire et de secrets. Mais c’est bien la réalité : depuis lundi 23 novembre 2020, la Ville de Quimper (Finistère) a ouvert les portes du théâtre à des troupes professionnelles, afin qu’ils puissent répéter, créer et travailler. Ils n’attendaient pas que l’initiative, prise avant l’annonce de la possible réouverture des théâtres le 15 décembre, soit un tel succès : « Nous avons croulé sous les demandes ! » raconte Bernard Kalonn, l’adjoint à la culture.

Ce mercredi 25 novembre 2020, c’est une troupe de Crozon qui occupe les lieux, sous le regard d’Emmanuel Cornuet, le régisseur du théâtre (lire ci-dessous) : le collectif N’Ouzon Ket. La dernière fois que cette troupe a joué, c’était au mois de mars. « Il était temps ! » souffle Charlotte Cany, metteure en scène, scénographe et chorégraphe.

Du spectacle sans (vrai) public ? Pas possible

« Cette résidence nous permet de filmer notre spectacle, afin de faire notre promotion, trouver des dates, explique Magali Perhirin, chargée de communication. Notre collectif, créé en 2017, avait acquis une vraie solidité artistique et une reconnaissance, dans la Presqu’île. Nous avions débuté une super saison mais le confinement a arrêté le travail que nous menions pour nous faire connaître. »

Et puis, avec le confinement, les comédiens se sont retrouvés privés de public. De public en chair et en os, entendons, pas derrière un écran. Or, cette pièce, Sorti(e) de scène, se passe dans une loge, dont le décor est fait des objets de la vraie loge de l’auteur et comédien Malik Slimane. Ce dernier dialogue directement avec son public lors des représentations. « Nous nous sommes donc demandé : est-ce que cela fonctionne encore, un spectacle vivant, sans le public devant ? La réponse est non ! explique Magali. On ne peut pas jouer sans le public. L’une des premières répliques de Malik, c’est : Je sais que vous êtes là. En virtuel, ça ne marche pas. Ce n’est pas le cœur de notre métier. »

« On a besoin d’être nourris de culture »

Et le public trépigne d’impatience de retrouver le spectacle vivant, assurent les comédiens. « On a besoin d’être nourris de culture, dit Bernard Kalonn, l’adjoint. Pour Noël, nous avions une opération que l’on avait baptisée Noël, passeur de lumière. Être passeur de lumière, c’est ce que nous voulons. Nous voulons que les gens puissent vivre de leur art et créer. »

Le théâtre Max Jacob devrait bientôt connaître de grands changements. La nouvelle équipe municipale a en effet décidé de le rénover pour lui donner une seconde jeunesse.

Encore un peu de presse ?

À Quimper, jeu de miroirs entre le réel et le virtuel en période de confinement

Malik Slimane auteur et comédien avec la metteure en scène Charlotte Cany, au théâtre Max-Jacob mercredi matin. (Le Télégramme/Ronan Larvor)

« Sorti(e) de scène » : la compagnie de Crozon N’Ouzon Ket ne se doutait pas, lors de la dernière représentation de la pièce le 7 mars dernier, que ce titre était prémonitoire. Elle n’a pas revu le public depuis. Cette semaine, la résidence offerte par la Ville a permis de filmer la création en attendant le retour au réel.

« Quelle joie d’être ici. C’est bien pour le moral et pour le corps. La dépression, c’est fini. Rien ne peut se passer de mal sur une scène. C’est le lieu le plus sûr de l’univers ». Ce mercredi, Malik Slimane en serait presque théâtral, tant les mots se bousculent pour dire son bonheur retrouvé d’être sur une scène. Et pas n’importe laquelle, celle du théâtre Max-Jacob, « un très joli écrin, qui dégage une énergie ». Malik Slimane est comédien et metteur en scène, un des piliers du collectif d’artistes N’Ouzon Ket, créé dans la Presqu’île de Crozon il y a cinq ans.

« Nous avons entre 400 et 500 personnes qui nous suivent, dit-il. Mais nous ne nous sommes jamais produits à Brest ou Quimper. Nous ne sommes pas dans les réseaux ». Alors la proposition de la Ville de Quimper de mettre gratuitement à disposition des artistes professionnels le théâtre Max-Jacob, cet automne, a été vécue comme une « aubaine ».

Quatre candidatures retenues

La mairie avait lancé un appel à projet pour des résidences d’une semaine avec mise à disposition du régisseur et de techniciens, selon les besoins. Pour les élus quimpérois, il s’agit d’aider les compagnies et artistes professionnels pendant la longue période de la crise sanitaire. « On n’a pas beaucoup parlé des artistes qui meurent en silence, contrairement aux commerçants qui se font entendre », constate l’adjoint à la culture, Bernard Kalonn. La proposition a suscité une douzaine de demandes pour les trois semaines de mise à disposition (du lundi 23 novembre au jeudi 10 décembre). Quatre projets ont été retenus.

Lundi dernier, le groupe de musique bretonne Ivarh a tourné un clip. Depuis mardi, la scène est donc occupée par les Crozonnais de N’Ouzon Ket pour la captation filmée d’une pièce. La semaine prochaine, la compagnie de danse rennaise Dynamina poursuivra la création d’un spectacle. Enfin, du mardi 8 au jeudi 10 décembre, le guitariste Jean-Charles Guichen réunira un groupe pour reprendre des morceaux créés en solo. « Nous allons réfléchir à l’ouverture du théâtre aux amateurs par la suite », précise Bernard Kalonn.

« La nécessité du public »

Cette semaine, la captation de N’Ouzon Ket a résonné fort avec le contexte. « Sorti(e) de scène » a été écrit par l’acteur Malik Slimane et mis en scène par Charlotte Cany et Erwan Andrieux. La pièce convie le public dans la loge de l’acteur après la représentation, quand il se défait de son personnage et se jouait à l’origine en forte interaction avec le public. « Cela questionne sur la situation actuelle de confinement, dit Magali Perhirin, chargée de diffusion. Quel sens a encore ce texte qui renvoie au réel quand on doit passer à nouveau dans un monde virtuel ? Cette pièce montre la nécessité du public ». Malik en est sûr, il y a une « grosse attente » de celui-ci pour revenir dans les salles. Et il espère que ce sera aussi à Quimper.

Un peu de Presse ?

Le collectif d’artistes N’Ouzon Ket bientôt en tournage à Quimper : c’est l’effervescence en presqu’île de Crozon !

Magali Perhirin, chargée de communication enthousiasmée par ce nouveau projet

N’Ouzon Ket, collectif d’artistes de la presqu’île de Crozon, vient de remporter un appel à candidatures lancé par la Ville de Quimper. L’enjeu : l’un des trois créneaux de résidence au théâtre Max-Jacob.

Le collectif d’artistes de la presqu’île de Crozon N’Ouzon Ket, basé à Lanvéoc, a été sélectionné pour bénéficier, durant cinq jours, de la salle Max-Jacob à Quimper.

Le collectif N’Ouzon Ket a répondu à un appel à candidatures de la Ville de Quimper, qui met à la disposition de quelques artistes professionnels, sélectionnés sur dossier, le plateau du théâtre Max-Jacob, pendant trois créneaux de cinq jours. L’objectif est de soutenir les artistes dans leur démarche de création, afin de favoriser le maintien de leurs activités et de leur permettre d’envisager plus sereinement la reprise lorsqu’ils sortiront de la crise actuelle, liée à la covid-19.

Tout s’est enchaîné très vite

Le collectif N’Ouzon Ket a tenté sa chance, puis tout s’est enchaîné très vite. Un dossier envoyé le 11 novembre, un retour positif le 16, et N’Ouzon Ket se voit offrir cinq jours en résidence du 24 au 28 novembre, dans ce lieu mythique. En quelques jours, il a fallu s’organiser, se projeter, imaginer : « C’est une super opportunité qu’on nous offre là !, s’exclame Magali Perhirin, chargée de communication. L’occasion de nous faire connaître et de faire de belles rencontres hors de la presqu’île ».

Montrer que les artistes ont besoin de la salle

Adapter la pièce « Sorti(e) de Scène » pour la caméra est un projet osé, puisque c’est une pièce interactive, dans laquelle le comédien s’adresse directement au public. L’objectif est de montrer que les artistes ont besoin de la salle, que les comédiens ne peuvent pas jouer sans les émotions et réactions des spectateurs. « Ce sera une captation théâtrale de leur pièce, l’angle de la caméra jouera avec l’absence du public pour mettre en évidence ce besoin crucial de partage », précise Magali Perhirin.

À noter

« Sorti(e) de Scène », une pièce de et avec Malik Slimane. Mise en scène : Charlotte Cany, Erwan Andrieux et Malik Slimane. Chorégraphies : Charlotte Cany. Scénographie et costumes : Violaine et Erwan Andrieux. Site web du collectif : https://nouzonket.wordpress.com

#danstaboite

Une pensée glissée

dans les boîtes aux lettres…

Vous souvenez vous du temps où l’on s’écrivait des lettres ? Le plaisir de la découverte, le papier plié, l’odeur de l’encre peut-être… 

Écrire à ses voisins, connus ou inconnus…

Concrétiser notre présence, du réel dans ce monde qui nous voudrait virtuel.

Retrouvez la distance pudique du papier et de l’écriture… Un mot doux pour ce garçon qui vous intrigue dans votre immeuble, un peu de soutien pour la mère célibataire du bout de la rue, un bonjour au vieil homme solitaire dans son jardin….

Ou au hasard d’une boîte aux lettres, une pensée pour l’être humain qui ouvrira ce courrier….

Partagez avec nous ces moments d’humanité en nous envoyant une photo de votre lettre manuscrite, ou une copie du texte (l’anonymat des correspondants sera préservé).

Ces lettres participeront également à l’écriture d’un futur roman épistolaire…

Et pour que ce partage de chaleur humaine se propage, n’oubliez pas d’ajouter à votre lettre le Post Scriptum suivant :

Cher Monsieur ou Madame, 

Nous habitons le même kilomètre, je ne vous connais pas, mais peut-être nous sommes nous déjà croisés. 

Je vous écris ces mots aujourd’hui pour vous dire que je suis là, pas loin. 

Et comme vous sans doute ce monde qui change de visage m’effraie un peu. Malgré toute notre bonne volonté il n’est pas toujours simple de garder le moral. Je connais ça.

Mais je veux rester persuadée que tant que nous saurons nous rencontrer nous resterons vivants et humains.

Cette lettre est un geste pour nous rappeler que nous n’existons pas uniquement derrière nos écrans.

Nous sommes des êtres humains avec un cœur, une peau et une main pour écrire, entre autres…

Alors je vous l’écris : Je suis là, pas loin et j’espère que vous allez bien, que vous gardez le sourire et le cœur ouvert.

Le mien battra surement quand je glisserai ce mot dans votre boite aux lettres, en imaginant votre surprise et peut-être votre émotion. L’espace d’un instant on aura partagé quelque chose…

Votre voisine, quelque part à plus ou moins 1 km.

« Nelle, Eliott, Grand-Mère et le Monde » fait son cinéma …

Voilà …

C’est parti …

Cet été, tant que nous ne pouvons toujours pas recevoir du public et partir en tournée avec les spectacles « seul·e·s en scène », nous devions bien trouver de quoi nous occuper …

C’est chose faite avec le tournage du dernier né des spectacles du collectif qui se trouve adapté pour le grand écran …

Sortie prévue dans des lieux tenus secrets pour le moment, vers la fin de l’automne …

En attendant, quelques images …